
« Il est temps que la jeunesse sacrifiée retrouve des interactions sociales, pour occuper toute sa dimension dans la société dont elle aura la charge demain. »
Une étude de la fédération des associations générales étudiantes (Fage) révèle que le premier confinement a eu un impact sévère sur les étudiants. 73% des jeunes gens interrogés ont déclaré avoir été affectés sur le plan psychologique, affectif ou physique et 23% d’entre eux rapportent avoir eu des pensées suicidaires.
Ils sont en effet directement touchés par l’amenuisement des interactions sociales, le stress généré par les cours à distance et par l’incertitude de l’avenir.
Il existe un réel « malaise étudiant » à l’heure du Covid-19, un constat qui incite l’Eglise catholique à s’alarmer « des conséquences » et à « se mobiliser ». « Il est temps que la jeunesse sacrifiée retrouve des interactions sociales, pour occuper toute sa dimension dans la société dont elle aura la charge demain. » a déclaré l’évêque de Nantes, Mgr Percerou, en charge de la pastorale étudiante.
Face à la détresse des étudiants, les services diocésains de pastorale des jeunes s’organisent pour soutenir et entourer les étudiants de leur ville.
« La pression des études et l’incertitude quant à l’avenir sont le lot de tous les étudiants » rapporte coordinatrice des projets étudiants de la pastorale du diocèse de Lyon, Clémence Pasquier qui évoque aussi la précarité croissante de ces jeunes qui sont de plus en plus nombreux à faire appel à l’aide alimentaire. Sans compter sur l’impossibilité de créer de lien social ou de faire de nouvelles rencontres à cause des confinements successifs et du couvre feu.
L’abbé Damien Verley, responsable de la pastorale étudiante de Toulouse, explique qu’il voit « des jeunes qui s’isolent de plus en plus ». Le responsable estime que les étudiants se mettent « beaucoup de pression » pour suivre leurs cours en ligne qui sont « parfois très techniques ».
Des risques de décrochages si importants que le recteur de l’académie d’Aix-Marseille a alerté l’archevêque de Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline, sollicitant l’aide de l’Eglise pour « soutenir et accompagner les jeunes qui quittent leurs études en cours de formation ». Des projets « sont en cours d’élaboration » rapporte le site de l’Eglise catholique dans un dossier dédié à la « précarité matérielle, relationnelle et de formation » rencontrée par les étudiants.
Victoire de Lamotte, membre de la pastorale étudiante à Rennes affirme que si elle se sent « démunie » face à la situation des « étudiants déprimés », elle en voit aussi « qui ne baissent pas les bras et se battent ».
Ils sont plein d’espérance et nous encouragent !
Camille Westphal Perrier